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Notre histoire

Kaspia, un roman russe

Les prémisses d’une grande aventure

L’histoire qui lie la France à la Russie est, on le sait, éminemment romanesque. Et c’est à l’orée du XVIIIè siècle qu’elle débute, quand Pierre Le Grand, revenu de Versailles émerveillé par son faste, donne aux siens l’impulsion qu’il faut pour qu’un léger vent d’Est commence de souffler chez nous. Car si l’aventureux tsar saura s’inspirer de ce qu’il aura observé lors de sa visite, la France aura gagné en retour, outre l’amitié d’un peuple, l’arrivée progressive d’une première diaspora russe, belle ambassadrice de l’âme slave.

Artistique et élégante, spirituelle – dans tous les sens du terme – et joliment fantasque, joyeuse et mélancolique tout à la fois. Au sujet de ses compatriotes exilés volontaires d’alors, le traducteur et auteur Denis Fonvizine trouvera une formule poétique à souhait. « Ils changent la nuit en jour », écrira-t-il ainsi dans ses Lettres de France en 1777.

Une promesse tenue tout au long des décennies suivantes, durant lesquelles au gré (et malgré) des aléas politiques, l’intérêt des intellectuels et aristocrates russes pour notre pays – le capitale et la Riviera en tête – ne se démentira pas.

« Les Russes vont alors à Paris comme les jeunes allaient hier à New York et aujourd’hui à Barcelone ou à Shanghai. », explique ainsi l’auteur Alexandre Jevakhoff. Au début du XXè siècle, mâtinée de luxe, d’échanges culturels et de fêtes, l’idylle a des airs d’idéal. Dans le sillage de la « charmante invasion » – selon les mots de Marcel Proust – des mythiques Ballets Russes de Diaghilev, qui ont commencé à enflammer le Théâtre du Châtelet en 1909 et qui révéleront l’ange polonais Nijinski, les muses des poètes comme l’iconique pétersbourgeoise Misia sont déjà slaves et Paris trouve un nouveau souffle dans cette fascinante ébullition créative.

Il était une fois …

En 1917 pourtant, la Révolution change la donne, provoquant peu à peu la fuite de près d’un million et demi de « Russes blancs » qui s’opposent au Bolchevisme, désormais au pouvoir. Parmi eux, ils sont des centaines de milliers, d’origines diverses, à choisir la France comme terre d’accueil. Leur vie d’autrefois laissée derrière eux, ceux-là travaillent dès lors dans les usines Renault de Boulogne-Billancourt ou dans les ateliers de haute-couture pour les jeunes filles bien nées qui savent manier l’aiguille et il est plus que fréquent aussi, dans la capitale, d’emprunter un taxi conduit par un prince déchu.

Venus avec dans leurs bagages, en plus de leur nostalgie, les plus beaux vestiges de leur passé, tous s’inventent ici une nouvelle existence, souvent avec succès, comme le Prince Ioussoupov et son épouse, nièce de Nicolas II, avec leur maison de couture Irfé qui emballe le Tout-Paris.  Beaucoup, pourtant, s’ils s’adaptent aux circonstances avec maestria, beaucoup entretiennent l’espoir de rentrer chez eux un jour.

Arrivé quelques années plus tôt, Arcady Fixon n’est pas de ceux-là. Pour lui, l’avenir est désormais ici, et il compte bien forger son destin en France, non sans toutefois y installer un petit morceau de la Grande Russie : avoir été à Paris et rester russe, comme l’écrivait Tolstoï dans Guerre et Paix.

Tout naturellement, lui vient alors l’idée d’inaugurer un lieu chaleureux et authentique, où l’amertume des moments douloureux laisserait place aux saveurs les plus prisées d’autrefois, la délicatesse du caviar, apparu à la cour des tsars au XVIIè siècle, les mets iconiques comme la pomme de terre garnie de caviar et puis, bien sûr, pour briser la glace, la force pure de la vodka. Restait à planter le décor, des boiseries pour magnifier des objets rares et splendides ramenés chacun de Moscou ou Saint-Pétersbourg par quelque aristocrate et puis en toile de fond, le bleu de la mer Caspienne.

En 1927, la maison Caviar Kaspia était née. Deux ans plus tard, elle s’établissait sur la rive droite de la Seine forcément, puisque c’est là que nobles et artistes venus de l’Est avaient alors coutume de s’installer, avec une première adresse sise non loin de l’Opéra. Un must pour la diaspora élégante et fantasque de l’époque, descendants de la famille impériale, artistes, créateurs de mode, jeunes modèles et égéries ravissantes, autant que pour tous ceux que son aura attire et électrise.

L’odyssée suit son cours

Aujourd’hui, place de la Madeleine, où il rayonne dans un immeuble haussmannien depuis 1953, le temps paraît n’avoir eu aucune prise sur l’écrin Kaspia, conforme depuis lors à ce qu’imaginait son fondateur presque cent ans plus tôt. C’est que la maison est restée une entreprise familiale et que son actuel propriétaire, Ramon Mac Crohon, entend qu’elle ne perde rien de son charme.

Passée la boutique du rez-de-chaussée, qui regorge de mets délicieux (caviar, poissons fumés…), le restaurant du premier étage arbore ainsi toujours au mur, son emblématique « Troïka », précieux tableau de Nicolas Swertschkoff, peintre de la Cour impériale, plus connu pour avoir immortalisé des scènes de bataille que des spectacles aussi charmants. Dans les vitrines aussi, les porcelaines anciennes et même le sceau de Nicolas II tiennent leur rang. L’endroit, rénové chaque année de façon quasi-imperceptible, s’impose de manière immuable, comme le garant d’une incroyable tradition et la mémoire d’histoires fabuleuses. Ici, semble flotter l’âme des Ballets Russes, des princesses, des peintres et des poètes, et puis des plus grands noms de la couture dont la griffe restera toujours aussi mythique que l’institution parisienne dont ils furent les habitués.

Aujourd’hui, d’ailleurs, tradition oblige, Caviar Kaspia, qui accueille régulièrement les plus grandes stars de l’époque, est aussi reconnue mondialement comme LA « french fashion cantine », particulièrement incontournable en période de « semaine de la mode ». A son crédit, ses délices évidemment, son cadre unique, son ambiance autant feutrée que festive, et – qualité d’importance – sa discrétion, au-delà même de ses salons privés.

Car, même si le lieu est un passage obligé quand il est question de sublimer la fête, on ne prend pas de photos ici et rien ne filtre des soirées incroyables qui réunissent à chaque fois une assemblée chic et hétéroclite qui aurait de quoi affoler Instagram. Mais pas question de se couper de la modernité pour autant.

Installée depuis 2018 sous la coupole des Galeries Lafayette Haussmann, la maison Caviar Kaspia multiplie ainsi les événements ponctuels, de l’ouverture de restaurants et boutiques pop-up (New York, Monaco…) au lancement de nouvelles références et d’éditions limitées réalisées avec des artistes, créateurs et designers reconnus comme Giambastista Valli, Carine Roitfeld ou Olympia Le Tan.

Sans compter la collaboration récente avec Jacquemus pour Citron et Oursin, où sur la plus belle avenue du monde, l’institution slave regarde du côté de la Méditerranée. A la lumière de l’or noir, une alchimie parfaite entre hier, aujourd’hui et demain.

Quelques dates …

1927

Fondée par un émigré russe, Arcady Fixon, au début des années 20, la Maison Kaspia se situait originellement rue des Mathurins, avant de s’installer, en 1953, au 17 place de la Madeleine. Peuplé de souvenirs évoquant la Grande Russie, ce lieu devint au fil des années le rendez-vous des plus grands amateurs de caviar authentique.

1929

Ouverture d’un luxueux magasin près de l’Opéra à Paris. Des amis de la Maison, invités le plus souvent, consomment joyeusement Caviar, Vodka et Champagne. C’est la grande époque des ballets russes de Monte-Carlo : Diaghilev, le jeune Lifar, les peintres Korovine, Mokovski, Lakovlev (auquel Kaspia doit son ancien logo) s’y succèdent parmi tant d’autres émigrés russes aux grands titres, mais souvent dans la gêne.

1930

Kaspia s’implante à Nice puis à Cannes. Création des bars automatiques réfrigérés distribuant des sandwiches au Caviar.

1939

Pendant la guerre, Kaspia vend du Caviar de la Gironde.

1947

Les importations de Caviar Russe reprennent. La consommation ne cessera alors de croître.

1953

Le Président de Kaspia, Arcady Fixon, installe la société au 17 place de la Madeleine, ouvre une boutique au rez-de-chaussée et un restaurant au premier étage.
Arcady Fixon s’est éteint dans les années 70. Le restaurant rénové et agrandi conserve dans les moindres recoins l’atmosphère que son fondateur a voulu lui donner : une tranquille sérénité dans un décor chaud, peuplé de souvenirs de la Grande Russie indissolublement liés à ce mets légendaire qu’est le caviar.

1987

Kaspia ouvre un restaurant à Londres, réplique du Kaspia Madeleine, avec les mêmes boiseries, mêmes tons chauds, mêmes vitrines s’enrichissant année après année d’authentiques objets d’art russe.

1995

Lancement de l’activité Réception pour tous types d’événements de 20 à 6000 convives.

1997

L’esturgeon devient une espèce rare et protégée avec la conclusion de la Convention Internationale CITES. Elle vise à assurer la pérennité de l’espèce, mise à mal par la surexploitation due au braconnage dans la mer Caspienne. Les amateurs de caviar seront rassurés : ce produit exceptionnel ne disparaîtra pas. Kaspia fête ses 70 ans en rénovant entièrement le restaurant de la place de la Madeleine. La tradition est sauvegardée pour faire valoir toute son âme.

1999

Tourné vers l’avenir, Kaspia lance son nouveau site web sur Internet proposant la vente en ligne de toute la gamme des produits Kaspia : caviar, saumon fumé, médaillon de langouste, crabe du Kamchatka, foie gras, jambon Ibérique, …

2000

Après avoir suivi de près l’évolution récente de la production du caviar de France, les spécialistes de Kaspia lancent leur sélection de caviar français de qualité, provenant de la région aquitaine. Et c’est au tour de Kaspia Londres de se rénover, tout en gardant intact la tradition et l’esprit du restaurant de Bruton Place à Mayfair !

2001

Installation des corners Kaspia. Lancement de la signature Kaspia « Par Amour, par, Passion, par Folie »

2002

Ouverture du Corner Kaspia aux Galeries Gourmandes, au Palais des Congrès de Paris.

2004

Lancement de la nouvelle identité visuelle Kaspia. Mise en place d’une gamme de produits secs d’exception à la griffe Kaspia.

2005

Lancement du nouveau site Internet.

2020

Refonte totale du site internet.